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Sur les traces d'un petit soldat dans deux guerres mondiales (Victor Joseph Jacquet 1895 - 1985)

Courrier du soldat allemand Fritz Rühlmann, à sa fiancée Gretel du 20 octobre 1914

Publié le 17 Septembre 2013

Courrier du soldat allemand Fritz Rühlmann, à sa fiancée Gretel du 20 octobre 1914

C’était il y a 98 ANS

Texte original communiqué par son petit fils L Spendrin de Weimar Juillet 2012

Valenciennes, 20 octobre 1914

3 H 30 après-midi

Ma chère Gretel,

Il y a quelques heures nous avons franchi la frontière française. Maintenant nous nous reposons ici à Valenciennes, au moins pour quelques heures. Notre trajet : Aix-la-Chapelle, en passant par Liège, Namur Charleroi, Mons jusqu’ici.

Le voyage fut très intéressant. Tout sous le signe de la guerre ! Depuis que nous avons franchi la frontière belge à Herbestal, nous voyons, au fur et mesure de notre avancée, de plus en plus de traces de combats passés, des maisons détruites, des tranchées, des entassements de barbelés, etc…

Le pays tout entier, en particulier notre ligne de chemin de fer est occupée par le Landsturm. Le chemin de fer est entièrement sous administration allemande. Seulement des employés allemands. Le matériel est en partie allemand, en partie belge et français. C’est un sentiment de fierté que nous éprouvons à parcourir ce riche pays conquis par notre armée. La population est accablée. Peu de gens nous saluent. Ce sont certainement des allemands ou des sympathisants. Toutes les entreprises - depuis Namur la voie ferrée longe une grande zone industrielle - l’une après l’autre sont à l’arrêt. On voit donc beaucoup de chômeurs. Les gens sont apparemment dans une grande misère. Quand notre train s’arrête à proximité de localités, nous nourrissons souvent les enfants de nos ennemis et offrons à des femmes, qui s’approchent, affamées et transies de froid, du pain, etc…typiquement allemand ! mais nous n’avons pas à en avoir honte.

Notre train roule de plus en plus lentement, plus nous pénétrons en territoire ennemi. Nous nous arrêtons de longs moments avant une gare ou en pleine campagne. Alors nous sortons des wagons à bestiaux jusqu’au sifflement de la locomotive. Les trains se succèdent. Devant nous un train d’Artillerie, derrière nous des chasseurs de Marburg Dans les grandes gares, nous recevons de la nourriture des popotes. Quand il n’y en a plus, le pain sec est délicieux. On devient économe et satisfait. Depuis 3 jours, nous campons à 42 hommes dans un wagon de marchandises.; Mais malgré cela, l’ambiance est bonne.

Dans l’autre sens nous croisons des trains de blessés et de prisonniers et des wagons de transports de marchandises (vides). Quand nous stationnons les uns près des autres, nous écoutons leurs récits. On s’habitue petit à petit, à l’idée que nous serons dans peu de temps en plein dedans.

Nous ne savons pas où nous irons en partant d’ici.

Traduction eheim/ Asso Blois-Weimar 22 octobre 2012

(écrit sur un papier provenant d’un cahier d’école ) Ersatz Reservist Fritz Rühlmann

Vezaponin, le 22 octobre 1914 (après-midi)

Ma chère Gretel,

Notre train est passé par Valenciennes en passant par Cambrai, Saint Quentin, Chauny, pour arriver à Château Cousy.

Nous sommes arrivés hier matin, après un voyage d’à peu près 3 jours et ½ . Château Cousy est apparemment la dernière gare jusqu’om nous pouvons utiliser le chemin de fer français.

A partir de l), après avoir fait la cuisine près du train, 20 kms de marche jusqu’ici. Belle forêt de vieux chênes aux couleurs d’automne. Lamarche était reposante après le long voyage en train.

Vazaponin est un petit trou au nord de Soissons, juste derrière le milieu de notre ligne de front. Les canons grondent très près de nous. Pendant que je t’écris , il y a du bruit sans arrêt, venant de chez nous, ou de chez les français. Les camarades qui sont ici depuis le début, nous ont expliqué les différences. De temps en temps on entend aussi des coups de feu.

Nos troupes sont face à face aux Français dans des tranchées. Vous avez lu dans les journaux ce qu’étaient ces positions. Les petits villages derrière le front (come celui-ci) servent aux troupes de réfugie, quand elles quittent les tranchées. Depuis hier soir, nous sommes 26 hommes couchés sur le sol d’une maison, sur une litière de paille.La nuit a été froide et ta belle écharpe m’a tenu chaud.

Hier nous avons tout de suite été incorporés. Je suis avec Paul et d’autres connaissances dans la 3ème Compagnie. Mon adresse esr

Réserviste de remplacement Rühlmann

3ème Compagnie 1er Bataillon

Res. Inf. Regt. 94

43ème Brigade de Réserve

22ème Division de Réserve

4ème Corps d’Armée de Réserve

Notre mission est d’occuper des tranchées.

Ne te fais pas trop de soucis, ma chère (bonne) Gretel. Cette affaire ne devrait pas être trop dangereuse. Nous sommes bien protégés. Nous ne savons pas quand sera notre baptême du feu.

Ensuite nous recevrons notre 1ère solde en pays ennemi.

Savez-vous où Willy est tombé ? Si c’est possible je chercherai l’endroit. On ne doit pas être très loin.

(le Sous-lieutenant Willy Wiesand, frère de Gretel est tombé le 3à septembre 1914 en France, vraisemblablement près de La Chavrette)

Traduction EHeim 22 octobre 2012

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