Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Victor-Jacquet-1895-1985.over-blog.com

Sur les traces d'un petit soldat dans deux guerres mondiales (Victor Joseph Jacquet 1895 - 1985)

8 Novembre 1918 Victor Jacquet dans la bataille de Guise

Publié le 3 Novembre 2014 par vj& in Guise, guerre de mouvement, tirailleur sénégalais, indigène, force noire, colonies

Pour nous la guerre n'était pas finie

Pour nous la guerre n'était pas finie

Il se trouvait debout dans son trou, prêt à aller chercher le ravitaillement, une rafale d'obus tomba et Renard poussa un cri, sa tête roula dans le ravin, il venait d'être décapité par les obus Boches.

Ses camarades de section jurèrent de le venger : aussitôt, ils formèrent un commando et partirent à la recherche de ses frères d'artillerie et des guetteurs, ils réussirent à les repérer et ils les encerclèrent et là ce fut le massacre, sans pitié. «Ces deux pièces étaient montées sur rail et cachées dans un souterrain c'était des 88 autrichiens, leurs guetteurs étaient perchés dans les arbres»

Le 6ème Bataillon était l'avant garde de la 1ère armée, Général Debenay. Il fallait attendre l'arrivée du gros de l'armée, l'artillerie, les chars d'assaut, les blindés, les tanks Renault, le génie, etc, etc. C'était toute une préparation à faire car c'était une grande Bataille qui allait se dérouler, peut être la dernière.

La nuit, nous allions creuser des trous individuel, en bordure de la rivière, le lendemain c'était des coups de mains, des sondages à droite et à gauche, partout nous trouvions une résistance acharnée mais résistance tenue par les grenades, Les F M, les mitrailleuses mais sans artillerie et sans aviation

(Retranscription Décembre 2012 PORTALIER Aline 1er L/ES).

8 Novembre  1918 Victor Jacquet dans la bataille de Guise

Ma Compagnie fut désignée pour participer à une attaque en vue de prendre des prisonniers. L'attaque eut lieu à 2H de l'après-midi, c'était une attaque surprise, mais ce fut un échec pour nous, un bien triste échec, face à cette rivière que nous devions traverser, une rangée de saule y était, et sur chaque saule un boche y était installé avec sa mitrailleuse, ils nous attendaient. Dans cette affaire, je dois ma vie à un piquet en fer, d'angle d'une pature, dont au bas de ce piquet, un petit mamelon de terre, derrière ce mamelon, je m'applatis et ne bougea plus, une pluie de balles de mitrailleuses déchiquetait, martelait, s'acharnait sur le piquet de fer.

Je demeurai là, à faire le mort jusqu'à la nuit, sans pouvoir faire aucun mouvement. Ces mitrailleuses étaient en positions sur les arbres en bordure de la rivière. Pour démolir ces postes de mitrailleuses, il fallait des tanks et de l'artillerie, des blindés.

À partir de ce jour, de cet échec, tout sondage fut supprimé. L'artillerie lourde prenait position. Le génie était arrivée, les tanks, les blindés, le gros de l'armée arrivait. La Bataille n'allait pas tarder. Le Génie comblait de matériaux le canal face à la route centrale. Des passerelles étaient prêtes à être lançées. Les petits tanks Renault étaient camouflés contre les maisons.

(Retranscription Décembre 2012 PORTALIER Aline 1er L/ES).

Les chefs, les Capitaines étaient convoqués chez le commandant pour y recevoir des ordres: Nous recevions des munitions, et deux jours de vivre de réserve Les 75 ajustaient leur tire, l’aviation était nerveuse. Je rencontrai l’aspirant Toulon, qui me dit mon Vieux Victor demain matin nous allons encore au casse- pipe, il faillait encore remettre la partie sur le tapis. A 3h du matin, nous partions pour gagner nos positions à 4h nous étions en place, en première ligne. Un roulement d’artillerie, dont les obus par leur éclatement fauchaient les arbres, et labouraient le chemin du? les berges du Canal. Le génie put établir des passerelles, des ponts à plateau. La Bataille se déclenchait sur combien de kilomètres les troupes à la baïonnette, les 75 les 105 s’en donnaient à plein cœur il pouvait être 5 heure du matin, les petits tanks Renault arrivaient sur les berges et nettoyaient les nids de mitrailleuses.

Les agents de liaison du Commandant avaient été tués je les remplaçais auprès du Commandant pour rétablir la liaison entre les Compagnies et les unités voisines. Pour maintenir la liaison, je devais passer et repasser sue Les passerelles établies sur ce canal, que de morts il y

(Retranscription décembre 2012 Bouchère léa 1er L/ES)

8 Novembre  1918 Victor Jacquet dans la bataille de Guise

avait sur les Berges, le canal était garni, il formait des monceaux, stoppés par les passerelles. Je vois encore un blessé qui était étendu sur le bord de la Berge dans un dernier?, il s’est relevé, il se tenait droit le cuir chevelu lui pendait sur la figure découvrant une horrible blessure, droit comme il se mit à courir sur le berge et il fit un plongeon dans le canal, c’était un allemand. Je retrouvais le commandant sous un bosquet, il me dit il faut que vous alliez à toute vitesse sur votre gauche reconnaître une petite ville qui se trouve à 2 kilomètre d’ici, et voir ce qu’il se passe, je n’ai plus de liaison avec eux j’arrivais dans cette petite ville, qu’elle drôle de spectacle

je pense, qu’elle fut surprise en plein sommeil, une lutte féroce acharnée y’avait eu lieu, sur les balcons des hôtels des corps de cadavres du sans partout, les rues étaient remplies de cadavres de chevaux éventrés, des voitures, des canons culbutés, le sang coulait dans les animaux, pas un étaient vivant, pas une âme, pour me guider, me renseigner que le silence des morts; je quittais ce cimetière sans croix pour aller rendre compte de ma mission au Commandant j’avais vu bien des choses affreuses pendant cette guerre, mais jamais je n’avais vu une chose semblable.

(Retranscription Décembre 2012 Bouchère léa 1er L/ES)

Je traversais des jardins, des haies, des près, il y avait partout des morts. À deux cents mètres de là, une usine en partie démolie, pour me protéger du tir, des obus, je longeais cette usine. Au lointain, un poilu avec ces bras me faisait des signaux, de m’éloigner de ces ruines qui étaient repérées et dangereuses. Au même moment une rafale d’obus tombait sur cette usine, un coin de mur en brique me tombait dessus, mon paquetage d’assaut, mon casque m’avais préservé, seule la crosse de mon fusil était cassée. Je me sauvais en vitesse en direction du poilu en question, c’était le second du Commandant, agent de liaison des divisions, le commandant était là je lui rendis compte de ma mission. Le bruit de la bataille s’était calmé, elle s’éloignait. L’artillerie faisait mouvement, des vagues d’assauts partaient en avant, le 6ème Bataillon, la 1ère Compagnie, était dispersés dans la nature, il fallait les retrouvés, et rétablir la liaison. Je prenais mes points de repères et je partis. Je longeais des haies, portant des cadavres, par endroit la lutte avait été chaude, les petites tanks Renault avaient fait du beau travail. J’entendais, au lointain, le claquement des mitrailleuses. Après une heure de recherche, à droite, à gauche

(Retranscription Décembre 2012 TOURNOIS Morgane ou DIDIER Mégane 1er L/ES)

8 Novembre  1918 Victor Jacquet dans la bataille de Guise

, je retrouvais groupé, un noyau de quelques hommes de la compagnie, peut être dix à vingt hommes, dont un sous officier. Je demandais à ce sous officier où étaient les autres Camarades; il me dit morts ou blessés, c’est tout ce qui reste de ma 1ère Compagnie, en plus, nous n’avons presque plus de munitions, les Hommes sont crevés de fatigue, rien à boire, pas de ravitaillement, comment allons nous passer la nuit, avec les Boches en face de l’autre côté de la rivière, derrière les saules. Je remarquais à ce moment, que sur les saules les Boches avaient étendus des chemises blanches, des chiffons. Je pensais à un piège de Boche, à un trucage de bataille. Je retournais au poste de commandement pour rendre compte de ma mission et reprendre des ordres. Je longeais des vergers, des buissons d’épines, plusieurs cadavres étaient étendus, là, je remarquais, un équipement de major abandonné, dont le ceinturon avait été coupé avec un couteau. Un bidon en aluminium pendait, le bouchon sorti, j’avais une soif terrible de fièvre, je fis coulé un peu de liquide sur le sol. Dans ma main, ce liquide avait l’apparence d’être du vin, je le humais, il n’y avait pas d’erreur, c’était bien du vin rouge, j’en absorbais, bien, un demi-litre. Heureusement pour moi que le poste de commandement du Commandant n’était pas loin

Péniblement en titubant, j’arrivais au poste de commandement, je tombais à terre je vendais une matière noire comme de l’encre. Un médecin major était sur les lieux, il me demanda ce que j’avais, je lui dis ce qui m’étais arrivé avec ce bidon et bien tu eut empoissonné, tu vas boire beaucoup de liquide, et rend le aussitôt, c’est un lavage de l’estomac, voilà un bidon d’eau tu as de la chance que je me trouve là, je suis venu faire un pansement au commandant qui a reçu une balle à la cuisse, il es étendu sur un brancard près de la haie. Ce major m’avais préparé dans une gamelle une composition liquide blanche, laiteuse, il me dit bois cela après, tu te rendras après du commandant, pour rendre compte de ta mission : je restais étendu à me tortiller pendant vingt minutes la nuit était proche. J’allais près du commandant, je lui rendis compte de ma mission, et dans quelle condition se trouvait la 1ère compagnie, réduite à dix ou vingt hommes dont un sous officier. Le Commandant me dit, je ne dispose plus de réserve, .. Retourne là-bas, et dit au sous officier de ne pas quitter son emplacement, de s’arranger pour la nuit, des renforts sont attendus incessamment; C’est mes ordres, va vite. J’étais fatigué, la nuit tombait, c’était calme, quelques fusées au lointain m’éclairaient, j’avais des points de repaires il fallait faire vite pour remplir ma mission

(Retranscription Déembre 2012 DIDIER Mégane 1er L/ES)

8 Novembre  1918 Victor Jacquet dans la bataille de Guise

Il faisait noir. Je traversais des terrains vagues, des haies, je sautais des fossés, j’avançais avec confiance, malgré certaines difficultés. J’avançais dans un coin de prairie, tout à coup je plongeais, je culbutais dans un trou profond, une fosse, un piège à bascule, une trappe. Je venais de faire une drôle de chute. Ma première pensée fut de crier.. Verda .. qui vive .. aucune réponse. J’étais rassuré, je n’avais rien de cassé, en tâtonnant je trouvais des fils, je n’y touchais pas, de peur des mines. La porte de la trappe, s ’était refermée, j’étais là, refais comme un rat dans cette fosse. Pour moi, le mieux était de m’éteindre et de récupérer des forces après, Dieu y pourvoira. Je m’estimais heureux de n’avoir rien de cassé, je laissais divaguer ma pensée sur les évènements du jour, de cette guerre qui ne voulait plus finir. Quel jour étions nous? Quelle heure était-il? Onze heures peut être, minuit, dans cette fosse j’avais la paix, j’entendais des appels, des cris. Avachi je m’endormis, je rêvais, je pensais que j’étais dans un autre monde. Tout à coup, j’entends un déclic, la porte du piège s’ouvrait et basculait, une masse plongeait dans la fosse, de cette chute, cet homme était resté surpris, étourdi, sa respiration coupée, dans sa main, il avait sa torche électrique allumée je le regardais c’était un noir, je le prenais pour un soldat.

(Retranscription Décembre 2012 DIDIER Mégane 1er L/ES)

IWM Imperial war museum London - les troupes coloniales
IWM Imperial war museum London - les troupes coloniales
IWM Imperial war museum London - les troupes coloniales

IWM Imperial war museum London - les troupes coloniales

Américain, je constatai qu'il avait un coupe-coupe pendu, à son ceinturon, c'était un soldat français. Si j'avais été un soldat Boche, j'aurai passé une drôle de séance avec lui. Il me dit, qui toi-Caporal Jacqui...Oui...Compagnie Sénégal te chercher tout la nuit, pas trouver toi, Compagnie Sénégal, relever Cie toi.. Bataillon partir repos à St Quentin. Moi, Ben-Amour, malgache, sous-officier Sénégal. Il se présentait il pouvait avoir 28 à 30 ans, 1 mètre 80, assez beau garçon je lui demandais à boire, toi pas manger, pas boire. Il me donna deux biscuits et un quart de café. Ses biscuits et son café m'avaient remontés le moral. En regardant notre plafonnier qui s'était refermé, je me mettais à rire, mais lui ne ria pas. Il me dit, toi prendre coupe-coupe, toi monter sur mes épaules faire un trou, planter baïonnette, toi sortir, moi passer fusil et toi casser la Guitoune, j’exécutais ses ordres après bien des contorsions, de droite, de gauche, j'arrivais à sortir de cette prison, il me passa mon fusil et à coup de crosse, je cassais les charnières et les tenons de cette porte et lui passais le tout, je fabriquai une laisse en cuir avec les couvercles des bidons et des fusils, attaché à son ceinturon. Cela me permettait de le soutenir, de le maintenir en équilibre.

(retranscription décemblre 2012 POUSSARD Sophie 1er L/ES)

8 Novembre  1918 Victor Jacquet dans la bataille de Guise

Il était souple comme un singe, après bien des difficultés il réussit à sortir de ce piège. Il me dit, toi, Jacqui, boit un coup de café, toi partir, à St Quentin, moi Sergent Ben-Amour, voir Compagnie, voir Capitaine, raconter l'Histoire, Caporal Jacqui...

Je le remerciais, lui serrais la main et je le prenais la direction du poste de Commandement, arrivé sur les lieux, il n'y avait plus personnes, ce qui me confirmait les dires du sous-officier Ben-Amour.

Que s'était-il passé? Ma mission, entre le Commandement et la 1ère Compagnie n'avait pas été remplie. J'avais disparu entre ces deux postes, il fallait me retrouver mort ou vivant, j'avais quitté le P-C à 17h, j'avais du être arrivé à la Compagnie entre 18h30 à 19h30 au plus tard. Le Capitaine de la Cie de Sénégalais, chargée de la relève de la 1ère Compagnie recevait les consignes, de faire des recherches pour me retrouver et aussitôt une section était désignée et mètre par mètre, ils sondaient le terrain. C'est comme cela que le Sergent Ben-Amour me rejoigna dans la fosse, mais sa chute dans la nuit n'avait pas été vu, remarqué

mais au retour de la section de recherche, on ne m’avait pas retrouver mais en plus, il manquait le Sergent Ben-amore qui, lui, avait disparu mystérieusement. C’est pourquoi il était pressé d’aller raconter son histoire au Capitaine pour le rassurer et faire cesser les recherches car en face, de l’autre côté, il y avait les Boches qui s’étaient fortifiés le long de la rivière et d’une minute à l’autre, ils pouvaient déclencher un coup de main, une attaque surprise. Et les poilus devaient être à leur poste de combat. Dans cette fosse fermée sans lumière, sans outils, sans vivres, que pouvais-je faire seul. Avec mon fusil, mes grenades et mes baïonnettes contre ces parois de terre de pierres durcies, j’aurais lutté mais combien de jours pour me libérer ? Dieu y pourvoira dit-on : c’est grâce à la chute du Sergent Ben-amore que je fus délivré

(Retranscription NAVARRO Mallorie 1ere L-ES décembre 2012)

8 Novembre  1918 Victor Jacquet dans la bataille de Guise

Le poste de commandement n’était plus là, tout avait disparu. Je tournais à droite, à gauche. Il n’y avait plus personnes, que des cadavres et un silence mortel. C’était calme, pas un coups de fusils, pas un coups de canons, aucuns bruits, un silence qui me laissait rêveur inquiet. Sur plusieurs kilomètres, en profondeur, je traversais le champ de bataille. J’étais désorienté, perdu, je ne trouvais que des morts sur mon chemin. J’arrivais au chemin de Hollage, au canal, les morts avaient été ramassés, ainsi que ceux des berges. Je trouvais une passerelle que le génie avait installé pour les vagues d’assauts. Sur cette passerelle, je franchis le canal. Je longeais ce canal, le terrain était tellement bouleversé que j’obliquais en direction d’un monticule, un ravin était là, les poilus y étaient stationnés dans des barques en bois en parti démolies. Là, je trouvais quelques quignons de pains que je ramassais précieusement et je les mangeais. J’avais hâte de quitter ce secteur. J’avançais. Devant moi, je ne trouvais pas âmes qui vivent pour me renseigner. Je tombais sur une route en parti défoncée par les obus. A un arbre déchiqueté, deux pancartes pendaient avec une flèche en direction de St-Quentin, une autre en direction de Guise de la Chapelle où j’étais. Personnes pour me renseigner, j’étais perdu.

(Retranscription Novembre 2012 NAVARRO Mallorie 1ere L-ES)

Machette - historial de la Grande Guerre de Péronne (Somme)
Machette - historial de la Grande Guerre de Péronne (Somme)

Machette - historial de la Grande Guerre de Péronne (Somme)

Commenter cet article
N
St Quentin : est une commune française, sous-préfecture et chef-lieu de canton, du département de l'Aisne dans la région de Picardie. Elle est située sur la Somme. Avec la population la plus importante du département, elle est la deuxième commune la plus peuplée de la région. source : "wikipédia"
Répondre
C
+
N
Boche :est un terme péjoratif pour désigner un Allemand ou une personne d'origine allemande qui a été surtout utilisé par les Français pendant les guerres qui les ont opposés à l'Allemagne. source : "wikipédia"
Répondre
C
+
N
artillerie : Matériel de guerre qui comprend les canons, les mortiers, les mitrailleuses et leurs munitions source :le site linternaute.com
Répondre
C
+
D
Munition:Ce qui est nécessaire à l'approvisionnement des armes à feu (exemples: charges de poudre, cartouches, fusées, etc..).<br /> <br /> Source: Dictionnaire &quot;Le petit Larousse&quot;
Répondre
C
Certes(+) mais on serait tenté d'écrire &quot;mais encore ?&quot; Pourriez vous développer un peu ?
D
Les F.M = FAMAS, une armes utilisées pendants la guerre, et encore aujourd'hui. C'est l'arme de service de l'armée française.
Répondre
C
Pouvez vous dater ce type de fusil ? On pourrait aussi penser &quot;fusil mitrailleur&quot;