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Sur les traces d'un petit soldat dans deux guerres mondiales (Victor Joseph Jacquet 1895 - 1985)

Août 1915: Le 2er classe Victor Jacquet doit récupérer les soldats morts entre les lignes

Publié le 10 Janvier 2015 par vj&dm&c& in no man's land, 1915, tranchée, biffin, chaux, guerre de position

J’avais monté en grade de 2ème classe, j’avais été renommé 1ère classe. Quelques jours après, je fus désigné comme chef de poste avec quatre hommes pour monter en 1ère ligne. Arrivé à ce petit poste, avancé, qui consistait à une cavité creusée sous la tranchée, l’entrée était bouchée avec une vieille couverture tendue. A l’intérieur, il y avait deux à trois sacs de chaux vive et un bidon de grésil, des cordelettes, et quelques vieilles couvertures, et un brancard.
Notre mission, consistait à récupérer la nuit, les morts tombés entre les lignes, françaises et allemandes et de répandre de la chaux et du grésil sur les corps déchiquetés en putréfaction.
Il y avait quinze jours que nous étions dans ce coin des guetteurs au créneaux, nous préservaient de toute surprise des Boches ; ils étaient au courant de notre mission. Nous sortions à dix heures du soir, pour rentrer à trois heures du matin. Les corps récupérés étaient désinfectés, et entourés d’une couverture, ensuite porter près de la fosse commune, où ils étaient identifiés. Notre mission tirait à sa fin dans ce secteur, à la tombée de la nuit, un guetteur sentinelle, vient me trouver au poste, il me dit, il y a un biffin qui voudrait nous parler, il a un mot de passe pour vous ; faite le venir accompagné d’une sentinelle. Il fallait se méfier des espions qui s’infiltraient partout.

Victor Jacquet en août 1915 au HMW doit récupérer les corps entre les lignes - Retranscription nov 2012 Didier Morgane

Août 1915: Le 2er classe Victor Jacquet doit récupérer les soldats morts entre les lignes

Un caporal de l’infanterie alpine se présenter, je lui dis de rentrer
dans notre souterrain, une loupiote de fortune nous éclairait.
Il me dit ; mon Bataillon à attaqué cette position, il y a
deux mois, mon frère jumeau était avec moi dans la même
escouade que moi, il a été tué, son corps est resté entre les
lignes, mais la nuit suivante, je suis revenu l’enterrer, et pour
reconnaître l’endroit, j’ai mis une croix et une grosse pierre
dessus. Pendant que vous êtes là, je voudrais reprendre le
corps, et l’enterrer à la lisière du bois, vu, je l’enterrerais, et
après la guerre, je viendrais le chercher, et je l’emmenerais à Grenoble.
J’ai là une couverture, et de la cordelette pour l’attacher.
“Oui”, lui dis-je “mais pour cette nuit c’est impossible, viens demain à neuf heures du soir, je trouverais des pelles et des, pioches et là, nous pourrons faire des recherches c’est entendu, je serais là à neuf heures du soir”, il était heureux.
Le lendemain à neuf heures il était là, il avait apporté des biscuits une bouteille de rhum, un paquet de cigarettes.
Nous dégustions le rhum, lorsque la sentinelle vins nous prévenir qu’il était dix heures. Les chevaux de barbelés étaient retirés, la sortie était libre, le secteur était calme, les fusées nous éclairaient, le moment était venu. Il fallait remplir notre mission de croc mort. Le parapet franchi, les chevaux de frise aussitôt étaient remis en place, nous nous trouvions bouclés entre les deux lignes ennemis.

Victor Jacquet - août 1915 au HMW - un soldat recherche la dépouille de son frère pour l'emmener à Grenoble - Retranscription Nov 2012 Didier Mégane

VJ en 1915 HMW

VJ en 1915 HMW

Page1 :
Notre caporal d’infanterie, tres pressé nerveux allais de droite a
gauche, il était perdu, dans cette zone, ou le terrain était boulversé
par les obus transfomé en en passoire. Ce caporal me fait un
signe, me montrant du doigt : il me dit c’est la, ou j’ai enteré
mon frere, voila la croix et la grosse pierre.
Apres une heure de délaissement il ny avait pas de cadavres
plus loin, pres dune croix cutevilte dans un trou, apres avoir
detailles ce coin de terrain, il n’y avais rien pas de cadavres
Un petit vent en provenance de Recherkerkop nous amenais
des odeurs de putréfactions. De crevés.
Un de mes poilus fatigués, c’était étendu sur le dos pour se
reposer se détendre, il regardais le ciel, les fusés eclairanti
tout a coup ; il dit au caporal tu cherches le coup de ton frere
c’est peut etre celui la qui est suspendu sur une branche de
sapin déchiqueté, et depuis plus d’une heure il nous infecte
une corps cassé en deux suspendu sur une branche de
sapin, a dix metres de hauteur, sa tete avais rejoint les pieds
le tout maintenu par le drap, en attendant sa décomposition
complète.
Devant moi, ce caporal avec sa pioche, sacharnais a une
monticul, il nous dit mon frere est la, mon pie, rebodis
en meme temps il reussissait a degager une jambe, je
regardais cette jambe, le pied était chaussé dune botte

Page 2 :
En cuir, il sortait le cadavre du trou, c’était un boche
Il me dit celui la n’est pas mon frère.
Il plaçait ce cadavre sur une couverture ensuite sur le brassard
avec sa cordelette il lia le tout, l’heure avançait, il fallait
regagner le parquet de la tranchée avec notre triste colis qui
puais. arrivés au poste, je lavouri de grésil et de chaux pendant
ces quelques minutes, mes quatre poilus c’était couchés je dis au
Caporal que nous allions le porter a la fosse commune il me dit oui,
passer le premier vous connaissez le chemin il fallait franchir
des boyaux de barbelés, un rocher j’étais en avant le brancard
sur les épaules, le Caporal monta sur le rocher, je senti une
secousse, quelque chose me glissais sur les épaules sur la tête
et faisait un plongeon dans la fosse commune
Le corps c’était libéré c’était délié du brancard et en vitesse il
m’avait passé glissais sur la tête, il m'avait drôlement parfumé.
Je dis au caporal de partir il me dit merci et il partit
Moi seul je restais près de cette fosse je rouscaillais sur ce boche
de notre poste en haut j entendais la voie d’un camarade moqueur un
Berlfortain « Langelegere » qui me criait tu l'a eu ton frizon et
Bien met le en bicyclette ce pourris la : jetais rageur resté
Au poste je me désinfectais au grésil
Deux jours après nous recevions l’ordre de quitté ce poste et
de rejoindre les camarades au Piton a la tombé de la nuit

()

VJ & retranscription faite par Anaïs Marie 1ère S3

Champ de bataille du Linge dans les Vosges
Champ de bataille du Linge dans les Vosges
Champ de bataille du Linge dans les Vosges

Champ de bataille du Linge dans les Vosges

Le Piton était le point culminant du Lingekopf. Une sorte de furtive y avait été construit, cette position était intenable. J'allais rejoindre le piton avec mes 3 camarades, le caporal Fierre nous attendait. Il avait touché des vivres pour nous. Je lui demandais les consignes, «il faut attendre» me dit-il. Nous étions bloqués dans ce fortin, il ne fallait pas sortir le jour, les obus de 88 Autrichiens rasaient le sol.
Il y avait des dizaines de jours que nous étions dans ce fortin, qu'il se déclenchait un duel d'artillerie de part et d'autre. C'était dans la journée du 29 au 30 août 1915.
Nous n'étions pas munis de masques contre le gaz et nous n'avions rien pour nous préserver. Quand il se déclencha, par l'artillerie allemande, des rafales d'obus à gaz lacrymogène, sur la 1ère ligne la vie devint impossible et pourtant l'ordre était là: il fallait tenir.
L'attaque allemande eu lieu, le fortin fut encerclé, cerné pendant quelques heures, et, le lendemain matin délivré par une contre attaque.
Le commandant demanda des volontaires, pour nous apporter des ravitaillements, et nous dirent que nous étions libérés des Boches, en plus de rejoindre l'unité à la tombée de la nuit.
Le volontaire était le soldat renard, «l'homme singe». Il était de la classe 1915, natif de Remiremont-Vosges.

Victor Jacquet 29-30 août 1915 au HMW - l'attaque au gaz -

Les gaz "28 août 1915 : intoxiqué au gaz et évacué au Lingekopf PD55 %"

Les gaz "28 août 1915 : intoxiqué au gaz et évacué au Lingekopf PD55 %"

Nous étions contents d'être relevés de ce fortin, nous avions les narines et les yeux brûlés.
Nous arrivions dans la nuit à la compagnie, le lendemain nous étions dirigés sur l’ambulance du Wettstein. «Médecin chef major de 1ère classe Catmas» et de l'évacuer sur l'ambulance du Rudelin pour y suivre un traitement, surtout pour les yeux. Après un traitement lacté suivi, à cette ambulance, mes camarades et moi rejoignions notre G-B-C-51 qui était au repos «st-Pierre A.-Pyon- Camille- Mijard- Tonnerre- Jacquet».
Quelques jours après, l’aumônier, le père Lerminat vint nous voir. Il avait été obligé de sacrifier sa belle et grande barbe qui lui garnissait la moitié de la poitrine. Ses cheveux avait été coupé aussi.
Il nous dis que, depuis ce lancement de gaz au Lingekops, le général avait fait passer un ordre à ce sujet; et, c'est à moi de vous montrer le bon exemple, mes pauvres amis nous dit-il.
Lerminat était aumônier à quatre galons, nous l'aimions bien. C’était un brave homme. La division était relevée et mise au repos.
Pendant notre repos, nous recevions des renforts, rien que des jeunes, pour remplacer les pères de familles, qui eux, était retirés de la zone du feu de première ligne.
Nous étions cantonnés dans les casernes de Corgieux «vosges». Cette caserne a failli être mon tombeau, car dans le loesil ou mon escouade était cantonnée, le sous-sol était un dépôt de poudre de munitions, dans nuit

Victor Jacquet 28 août 1915 intoxiqué au gaz et évacué au lingekopf - Retranscription Novembre 2012 GOURAULT Mathilde 1er L/ES

Août 1915: Le 2er classe Victor Jacquet doit récupérer les soldats morts entre les lignes
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R
Quelques définitions:<br /> &quot;Sentinelle&quot;: Sentinelle désigne une personne armée, généralement un homme, qui fait le guet et qui a charge de surveiller un lieu occupé par l'armée.<br /> &quot;Aumônier&quot;: Ecclésiastique (abbé, pasteur, prêtre, religieux...) s'occupant d'une communauté.<br /> &quot;Infanterie&quot;: L'infanterie est l'ensemble des unités militaires devant combattre à pied, le soldat étant appelé fantassin.<br /> &quot;Chaux&quot;: Le chaux est l'oxyde (composé résultant de la combinaison d'un corps avec l'oxygène) de calcium résultant de la calcination (carbonisation) de calcaires.<br /> Sources de ces définitions: http://dictionnaire.reverso.net/francais-definition<br /> http://fr.wikipedia.org/wiki<br /> http://historique.fracademic.com/19192
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C
OK +++ mais mettez la source sous chaque mot trouvé pour plus de clarté. Merci
A
&quot;Fortin&quot; : C'est un petit fort, d'une taille juste suffisante pour abriter quelques hommes, construit en un point stratégique. <br /> <br /> http://fr.wikipedia.org/wiki/Fortin
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C
Déjà fait par Blandine
B
&quot;Cantonnée&quot;, participe passé du verbe &quot;Cantonner&quot; signifie aussi isoler.<br /> &quot;Fortin&quot; signifie un petit fort.<br /> &quot;Lisière&quot; signifie au bord d'une zone.<br /> &quot;Grésil&quot; est une pluie de glace plus fine que la grêle.<br /> <br /> Source des définitions : http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/
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C
++++ mais privilégiez le dictionnaire &quot;Le Robert&quot;
C
&quot; Putréfaction &quot; : Décomposition de matières organiques par des bactéries et des champignons. <br /> Source : http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/putr%C3%A9faction/65192
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C
Merci Charline. Nous allons mettre le lien
M
&quot;Biffin&quot;: Le biffin est un terme familier pour désigner un chiffonnier, un fantassin<br /> http://fr.wiktionary.org/wiki/biffin
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C
Merci Manon TB(+) le lien a été rajouté dans le texte. Mais attention wiki n'est pas toujours fiable. La on l'accepte.La suite du récit dès aujourd'hui.