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Victor-Jacquet-1895-1985.over-blog.com

Sur les traces d'un petit soldat dans deux guerres mondiales (Victor Joseph Jacquet 1895 - 1985)

Juillet 1917 Le caporal Victor Jacquet est démangé par la gale et les poux

Publié le 5 Janvier 2015 par VJ&nm in gale, poux, grande guerre, malade, hygiène, soins, permission, Soissons, 6eme bataillon de Chasseurs

La frotte, la gale
Depuis le 12-13-14 juillet 1917 cantonnés au Fort je constatais que j’avais des démangeaisons, une irritation, avec des boutons blancs sur la poitrine, se propageant aux mains, aux pieds. Cette irritation au moment de la transpiration, devenait insupportable, en plus avec les poux qui se mettaient dans la partie, je me décidais à présenter une demande de visite médicale au capitaine Cd la Compagnie.
Avant de passer au major… il fallait passer la visite du capitaine, qui lui, vous marquait de rouge ou de noir. Il y avait de l’abus de sa part, s’il agissait ainsi c’était pour conserver les hommes de la compagnie, devenus squelettiques par les dernières attaques. Cinq poilus étaient avant moi, le Pitaine les cochait au rouge. J’étais le sixième, le Pitaine m’a dit : « Et vous Caporal, vous êtes malade ?
-Oui et non, lui dis-je, regardez mes mains, ma poitrine, qui sont remplis de plein de boutons blancs. » Il me marqua de noir. J’allais voir de Lieutenant Major qui me dit : « Et vous Caporal, vous êtes malade, de quoi s’agit-il ?
-Regardez mes mains, ma poitrine.
-Enlevez votre chemise et le tricot. Où avez-vous attrapé cela ?
-Sur la paille pourrie du fort où nous avons couché pour la revue du 14 juillet.
-Caporal, vous avez la Frotte, la gale, c’est contagieux, vous allez être évacué sur un centre H.C.D. »


VJ 07 1917 & Retranscription Décembre 2012 VIAIN Emily 1er L/ES

1189

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à 10h30, une ambulance vous prendra ici, sur la route, voilà les papiers d'évacuation. Allez chercher toutes vos affaires qui seront étuvées; votre fusil, équipement, vous les remettrez à votre capitaine ainsi que le bulletin d'évacuation, qu'il devra signer.
En vitesse, j'allais voir le Pitaine, lui remettais le fusil, les cartouches et l'équipement, ainsi que le bulletin d'évacuation qu'il signa.
- «Caporal, vous êtes évacué, j'espère que vous allez être bientôt de retour et parmi nous, je compte sur vous.
- Oui mon Capitaine, mais en moi-même, le plus tard possible que je pensais.»
Une vieille carriole de boucher, où l'on avait peint une croix rouge traînée par un cheval, m'attendais. C'était l'ambulance de campagne. Mon sac, mon barda, je les tassais dans la carriole, et je prenais place. Nous prenions la route de l’hôpital, j’étais content d’être évacuer, de quitter ce secteur où il était question que la 6e BCA allait remettre cela au casse pipe. A un tournent de route, la carriole avait perdu un écrou et une roue allait se promener dans le ravin.
Cette carriole était réservée aux poilus de marque, spécialement aux contagieux. Nous arrivions à l’hôpital auxiliaire, à une porte réservée aux contagieux, un jeune major me dit:
- «Prenez vos affaires et venez avec moi à la salle de désinfection», ensuite il me dit, déshabillez vous complètement, car toute vos affaires vont passer à l’étuve».
J’étais en tenue d’Adam, il me conduisit dans une salle de bain où …


VJ & (Retranscription Novembre 2012 Navarro Mallorie 1er L/ES

1190

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....deux infirmières m’attendaient, chacune munies d’une brosse rugueuse, d’une boîte de savon gras, et d’un sceau d’eau tiède.
La séance du décorticage des pustules dura une belle heure, après c’était le lavage sous la douche, et dix minutes de repos.
Mes deux tortionnaires, munis chacun d’une boîte contenant de la pommade jaune, de l’oxyde de zingue. Cette pommade ne sentait pas la violette et ne m’inspirait pas confiance. Ils imbibèrent tout mon corps de cette pommade, ensuite ce fut le massage, la friction. J’étais à bout de force, j’allais tomber dans les pommes.
Mon corps fut enveloppé d’un grand drap et d’une couverture. Ils me transportèrent comme un saucisson dans un lit où je demeurais trois jours à dormir, avachis sans force.
J’étais guéri, je quittais ce lit, cette chambre. J’allais dans une grande salle des convalescents où j’avais un lit de camp réservé dans un coin. Un Major d’un certain âge, 60 ans peut-être plus, vint me passer la visite médicale. Il me dit:
- «Tu es guéri de cette gale, tu devrais rejoindre ta compagnie demain matin; mais tu ne souffres pas de l’estomac.
- Oui Monsieur le Major.
- Depuis que j’ai été pris pas les gaz au Lingekopf, je te connais bien, me dit-il. C’est moi qui t’es fait évacuer avec tes camarades sur l’ambulance du Rudelin. Pauvres petits chasseur alpins, vous en avez vu de toutes les couleurs. Ecoutes moi bien, tu vas rester ici neuf jours en traitement pour l’estomac, 9+3=12 jours, avec cela tu auras une permission de 6 jours, c’est entendu?
- Oui Monsieur le Major et merci.»

VJ & Retranscription Novembre 2012 NAVARRO Mallorie 1er L/ES

1191 : permission à Soissons

1191 : permission à Soissons

Commenter cet article
D
Pustules:Sorte de bouton surélevé, reposant une sur peau saine ou inflammatoire, et contenant un liquide de couleur variable selon la maladie en cause. cette pustule crêve, laisse échapper le liquide qu'elle contient et laisse la place à une croûte. <br /> http://www.docteurclic.com/dictionnaire-medical/pustules.aspx
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C
Le point de vu médical est aussi le bienvenu. Bonne idée +
D
Caporal:Militaire ayant le grade le plus bas dans l'armée de terre et dans l'armée de l'air.<br /> http://www.cnrtl.fr/lexicographie/caporal
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C
ok +
O
1 ère ST2S2.<br /> La Gale / La Frotte : Maladie cutanée contagieuse, déterminée chez l'hommes et chez les animaux .<br /> Source : Encyclopédie Larousse .
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C
Bonne initiative (+) intéressant le point de vue médical.
T
Un barda: équipement d'un soldat partant en campagne représentant l'ensemble des bagages<br /> selon le reverso http://dictionnaire.reverso.net/francais-definition/barda
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C
merci Tibaut (+) mais attention au choix du dictionnaire.